samedi 30 janvier 2021

Cometz 2021 : Retour vers le futur, épisode 2




Affirmer que 2020 fut un millésime frustrant pour le fan de baseball français est une évidence : annulation du WBC Qualifier, suppression pure et simple de la saison 2020 de D1. Dans ce contexte, les clubs se sont recentrés sur les fondamentaux pour sauver ce qui pouvait l'être.

Voici un an, nous échangions avec David Ten Eyck sur la saison écoulée et celle à venir. Laquelle s'annonçait ambitieuse, des mots même du président des Cometz. Deux confinements plus tard, David a accepté de renouveler l'exercice avec Baseball France.

“En temps normal”, je t'aurais interrogé sur les résultats de l'équipe en D1, tes satisfactions ou tes regrets à l'issue de l'exercice 2020. Mais nous sortons d'une période singulière. Quel regard porte le président des Cometz sur les mois écoulés ?

Si seulement nous sortions réellement de cette “période singulière”, ce serait plus facile de répondre à ta question !

Nous avons tous l’impression de vivre un jour sans fin… et hélas, nous commençons 2021 comme nous avons terminé 2020 : en mode “gestion de crise”. Nous essayons de fixer un cap sans avoir de visibilité, de garder la motivation, malgré les restrictions qui sont en place et les prises de parole pessimistes des autorités qui se multiplient.

A ce stade, il est donc beaucoup trop tôt pour dresser un bilan de cette crise, mais je suis très fier de ce que les Cometz ont pu faire sur le plan associatif en 2020. Des travaux conséquents ont été réalisés sur nos infrastructures. Nous avons proposé le programme sportif le plus riche possible, avec notamment des activités pour nos jeunes presque sans discontinuité entre le premier et deuxième confinement. Le nombre de nos licenciés a augmenté malgré la crise et nos partenaires publics nous ont bien soutenu avec notamment un appui renforcé de la part de la nouvelle équipe municipale. Nos sponsors continuent eux-aussi à nous faire confiance…

Bénévoles en action pour le terrassement du tunnel de frappe

Et puis, nous pouvons être fiers de notre gestion des protocoles sanitaires. Nous avons montré notre sérieux, en permettant à nos licenciés de pratiquer le baseball et le softball dans de bonnes conditions.

Bref, comment résumer tout ça ? Pour une année sans compétitions officielles, et avec un contexte socio-économique exécrable, c’était plutôt pas mal !

Un des passages obligés d'un entretien d'intersaison concerne le recrutement. On a vu que les Templiers avaient annoncé très tôt la signature d'internationaux européens : Ariel Soriano, Andy Paz et Oliver Van Der Wijst. Début novembre, tu évoquais de ton côté les possibles arrivées de deux joueurs déjà annoncés chez les Cometz en 2020. Peux-tu nous en dire davantage ou, tout du moins, nous éclairer quant aux profils recherchés ?

Oui, j’ai vu le recrutement de Sénart, et cette équipe sera passionnante à suivre. J’espère que les Templiers feront une belle saison, notamment en Coupe d’Europe (CEB). Ca va être un plaisir de voir évoluer ces joueurs sur notre terrain, à Metz. Je pourrais dire la même chose de Montpellier, bien sûr. Les Barracudas auront clairement une carte sérieuse à jouer dans la course au titre en 2021.

Nous avons beaucoup de respect pour ces deux clubs, et ça fait plaisir d’évoluer dans la même poule qu'eux. Nous allons essayer de montrer ce respect en mettant en place une équipe qui sera un concurrent sérieux et qui contribuera à une progression globale du niveau de jeu en D1.

Maintenant, pour le recrutement, c’est évidemment très compliqué dans le contexte actuel. C’est difficile de donner des noms. Mais je répondrai de façon totalement transparente à ta question.

Tout le monde connait les forces et les faiblesses de notre club : Nous avons un très bon noyau de joueurs de position expérimentés, qui sont basés dans le Grand Est. Nous avons un des meilleurs programmes jeunes de France, qui est le fruit d’une douzaine d’années de travail et qui nous donne un enracinement très fort dans la vie de notre communauté. Pour la gestion de la crise actuelle, cet enracinement est un énorme atout. Nous avons aussi la chance d’évoluer dans une ligue Grand Est qui est bien construite, avec des collègues passionnés dans les clubs voisins, qui travaillent avec nous pour faire évoluer le baseball et softball à l’échelle de notre région, et qui donnent de leur temps sans compter.

En revanche, tout le monde connait aussi la faiblesse actuelle de notre club; Nous n’avons pas de lanceur “sous la main” qui soit capable d’assurer la première, deuxième ou même troisième place dans un staff de D1. Nous sommes dépendants des étrangers ou de joueurs français / européens qui vivent en dehors du Grand Est pour combler cette absence. Or, pour 2021, la situation des joueurs étrangers va être très compliquée à gérer.

Sören Hanson sous le maillot des Cometz en 2021 ?

A présent, nous mettons l'accent sur le côté humain de cette question, plutôt que le côté sportif.

Il y'a cinq ou six joueurs qui sont en contact avec nous depuis plus d'un an et qui veulent venir. Ils essaient de rester en forme et de faire le nécessaire pour évoluer ici sous nos couleurs. Je suis en contact régulier avec eux et je fais tout mon possible pour remplir le contrat moral que nous avons avec ces gens-là. S'ils trouvent un autre club, en Amérique du Nord ou dans un pays avec des frontières plus ouvertes que la France, ils seront libres de s'y engager à tout moment. Si par contre la France finit par s'ouvrir pour la saison 2021 et qu'ils souhaitent venir, ils le pourront.

Nous gérons donc un effectif avec ces joueurs “hypothétiques”. C’est difficile, mais c’est aussi normal de travailler comme ça. Nos valeurs et notre réputation sont plus importantes que tel ou tel détail de la préparation sportive.

Nous ne sommes pas dans une ligue professionnelle. La gestion des joueurs étrangers, c’est avant tout la gestion des parcours personnels de jeunes gens qui cherchent à avoir une expérience positive pour le baseball international, mais aussi pour leur parcours à eux.

En ce qui concerne les profils recherchés… S’il y a une évolution positive inattendue de la situation sanitaire d’ici le 1er mai, et que nous sommes en capacité de faire venir tous les joueurs étrangers prévus, nous aurons une équipe très complète qui sera capable de jouer le haut du tableau. Malheureusement, si on est réaliste, il y a peu de chances que les choses se passent comme ça.

Si la situation sanitaire évolue lentement, alors là, le profil que tout le monde aura intérêt à trouver, ce seront des joueurs universitaires américains, avec la double nationalité EU + USA. Ils auront fait une saison universitaire outre-Atlantique et seront prêts à venir vers le début de la saison de D1 française (mi-mai), en forme “mi-saison”. Grâce à leur passeport UE, ils ne seront pas bloqués par la situation sanitaire. Je cherche activement ce type de profil et je pense que je ne suis pas le seul à le faire.


Tu parlais du noyau de joueurs de position expérimentés et basés dans le Grand Est. Peux-tu nous en dire plus ?

Avec Victorien Roze et Jackar Valenzuela, nous disposons de deux des meilleurs champs extérieurs de D1, deux joueurs qui sont par ailleurs très complémentaires en défense. Avec une année en D1 derrière lui, Elian Aubry est bien placé pour devenir un des français qui sera reconnu comme une valeur sûre du championnat. Nous avons également des joueurs avec une expérience du haut niveau européen et international comme Umberto Giovagnini et Juan Godoy. Hasely Medina et Clément Noblet ne sont pas basés dans le Grand Est, mais ils pourront participer à la plupart de nos activités. Ce sont des joueurs qui auraient leur place dans la plupart des effectifs de D1. Et puis il y a encore 5 ou 6 autres joueurs locaux qui jouent un rôle majeur dans le développement de notre club, et qui ont toute leur place dans notre effectif D1. Je vais éviter de lister des noms pour ne pas me mettre en difficulté si jamais j’oublie quelqu’un !

Pour terminer, je considère que Pierre Cézard est un des meilleurs managers de la D1. Au niveau de l’organisation et du "man-management", c’est difficile de trouver mieux que Pierre.

Hasely Medina et Pierre Cézard


Cette année, les Cometz mettent en place une académie de baseball. Qu'attend le club de ce nouvel outil ? Pourra-t-il y avoir des interactions avec l'effectif de D1 ?

C’est la prochaine étape naturelle dans le travail que nous menons autour du baseball jeune depuis plus de 10 ans. Ca ne va pas tout changer du jour au lendemain, mais ça fait partie d’une stratégie de développement.

Quand nous avons accepté l’invitation de monter en D1 en 2018, personne ici n'a vu cette accession à la D1 comme une fin en soi. Nous nous sommes collectivement posé la question “La D1 pour quoi faire ?” L’académie est une des réponses majeures à cette question là.

Dans un premier temps, il y aura avant tout des créneaux d’entrainement “haut niveau” en plus de ce que nous avons proposé par le passé, avec un encadrement renforcé pour ces nouveaux créneaux.

Et oui, pour répondre à la question, il y aura des interactions avec l’effectif D1… Nous envisageons la mise en place d’un groupe D1 élargi (extended roster) qui s’entrainera ensemble, avec les joueurs de l’équipe type de D1 et avec les jeunes en fin de parcours 15U ou en 18U.

Il y aura d’autres projets à mettre en place aussi, des initiatives “partenaires d’entrainement”, par exemple, comme ce qui se pratique à Montpellier ou à Rouen. Il y aura un modèle économique à mettre en place, avec des possibilités d’attirer des nouveaux financements. Il y a des pistes pour mettre en place des filières sport-études sur Metz, et dans les environs de Metz. Et ainsi de suite.

Evidemment, le contexte n’est pas idéal, et ça ralentit notre travail dans ce domaine, mais nous essayons d’avancer petit à petit, malgré cette crise sanitaire.

Nous concluons les entretiens de Baseball France par un espace de libre expression. Donc, David, nous te laissons la parole !

Je vais en profiter simplement pour te remercier pour le travail que tu fais pour promouvoir le baseball français.

Cette crise nous montre à quel point il est nécessaire de rester solidaire pour faire évoluer nos disciplines.

Quand le “Play Ball !” sera enfin donné pour la nouvelle saison, les autres clubs qui évoluent en championnat avec nous redeviendront nos rivaux. Mais en attendant ce retour à la normale, nous sommes tous partenaires !

Je me sens solidaire avec tous les clubs du baseball français, et tous les acteurs du baseball français, et j’ai l’impression que ce sentiment est réciproque. Nous devons travailler ensemble pour sortir renforcés de cette crise.

Le travail qui est fait par Baseball France pour promouvoir la Division 1, les Equipes de France, et les actions du terrain aura un rôle important à jouer dans ce retour à la normale.

Merci !

Merci aux Cometz pour leur disponibilité et Glenn GERVOT pour les clichés illustrant la bannière. Au-delà cette formule de politesse, Baseball France ne pourrait exister sans l'implication et la bienveillance des clubs : qu'ils en soient remerciés.

https://www.facebook.com/COMETZBaseballClubdeMetz
http://www.baseball-metz.com/

Cometz
Complexe sportif des hauts de Blémont
rue du Général Metman
57070 METZ


mardi 26 mai 2020

Les entretiens de Baseball France : Glenn Gervot

 


Figure bien connue du baseball français, il n'est pourtant ni joueur, ni entraîneur. Vous le connaissez à travers ses clichés : il s'agit de Glenn Gervot.

Glenn, bonjour. Peux-tu te présenter en quelques lignes puis nous expliquer comme le baseball et la photographie sont entrés dans ta vie ?

J’ai 46 ans et suis photographe professionnel depuis 7 ans. J’ai toujours été un passionné des Etats-Unis : comic-books, films, trading cards...

A 11 ans, je vais voir au cinéma « Le Meilleur » … Et là, c’est un déclic, le début de ma passion pour le baseball. J’arrive à acheter un gant et une batte dans un magasin de sport de ma ville et je lance une balle de tennis contre un mur tous les jours.

Quant à la photographie, je ne viens pas d’une famille du métier. Je n’ai jamais pris de cours, mais lors de mon master aux USA, j’ai voulu « immortaliser » mon expérience : j’ai donc commencé à réaliser des clichés avec un appareil prêté par une amie. Quelques dizaines de photos développées plus tard, j’avais attrapé le virus...

J’aime particulièrement la possibilité de créer, de façonner ou même reproduire des clichés. Je suis un vrai collectionneur dans l’âme et je crée moi-même ma collection. La photographie sportive, elle est venue une dizaine d’années plus tard à force de m’imprégner des superbes clichés présentés dans Sports Illustrated, sur le site d’ESPN.

"je ne savais pas que ce serait son tout dernier match"
                                              
Est-ce que le métier de photographe a été une évidence dans ton cheminement professionnel ? Y a-t-il eu un déclencheur ?

Non : très, très loin d’être une évidence. Je suis botaniste de formation et j’ai eu l'opportunité de faire un master en pathologie végétale aux Etats-Unis. C’est là que je me suis mis à la photographie de manière amateure, plus pour immortaliser ma vie américaine qu'en pensant en faire ma future vocation.

Je suis ensuite revenu en France pour effectuer mon service militaire avant de réaliser un virage a 360°. Suite au peu d’opportunités de travail dans la biologie, je suis devenu consultant en Business Intelligence tout en poursuivant la photographie, toujours en amateur. Je me suis finalement lancé en 2013 avec comme premier client la FFBS. Depuis 2014 je suis le photographe officiel des Équipes de France de Baseball, Softball et Baseball 5.

"le baseball cubain par excellence, cet amour pour cette balle à couture !"

Quelles sont les qualités requises pour être un bon photographe de sport en général et de baseball en particulier ?

Connaitre le sport est évidemment un plus. Je reviendrai plus tard sur le baseball / softball : c’est un sport vraiment spécifique à photographier.

Cependant, je pense qu’une bonne culture sportive est indispensable pour être un bon photographe de sport. Comme tout professionnel, il faut être prêt. Être à l’heure pour l’événement, c’est à dire bien en avance du coup d’envoi.

Il faut comprendre que chaque stade, arène, terrain et même équipe, ont leurs propres règles. S'approprier l’environnement dans lequel vous allez travailler en y consacrant 3 ou 4 heures, est indispensable. Vous saurez ainsi où vous placer, le type d’angle existant, l'objectif à utiliser, etc. Au final, ça fait la différence.

Au cœur de l'action, il faut aussi connaître les équipes avec leurs joueurs clé. Concernant le baseball et le softball, on doit savoir maîtriser les circonstances de jeu : quel est le compte de la manche ? Ai-je un coureur rapide en première base ? Quels sont les frappeurs en forme ? (etc.)


"une forme d'icone du baseball MLB, flashy"

Quel que soit le domaine, on a souvent des influences. Si tel est le cas, quel nom proposerais-tu et pourquoi ?

Pour le Baseball, sans hésiter, Brad Mangin et Alex Trautwig. Deux incroyables photographes avec qui j’ai toujours l’impression qu’ils arrivent soit à se dupliquer sur le terrain, soit à savoir à l’avance ce qu’il va se passer ! Tout a l’air si facile avec eux. De vrais Master Jedi :) J’ai une chance incroyable de pouvoir les connaître et - bien plus encore - d’être amis avec eux !

Je suis aussi particulièrement fan d’Andy Kuno et JasonHanna qui sont les photographes respectifs des San Francisco Giants et des Kansas city Royals. Ils arrivent si bien à jouer de la lumière dans leur stade, c’est simplement impressionnant !

Ensuite, pour la partie portrait et éclairage photo, l’ultime Master est Joey Terrill. Un génial pédagogue, et un vrai « géo-trouvetout » de l’éclairage.


"la France ne se qualifiera pas"

Il y a certainement des clichés qui te satisfont plus particulièrement. Peux-tu nous en présenter quelques uns ?

Oui, certaines photos ont plus de valeurs que d’autres. Certaines pour une valeur personnellement sentimentale, d’autres pour l’émotion qu’elles montrent.

La première me tient particulièrement à cœur, le dernier match de Tim Lincecum avec l’uniforme des Giants de San Francisco en 2015. Un joueur que j’ai toujours adoré, et pris plusieurs fois en photo mais là je ne savais pas que ce serait son tout dernier match à l’AT&T Park ! Il n’a malheureusement duré que 2 manches et est sorti sur blessure après un retour de frappe ! La dernière fois qu’il est revenu à San Francisco, c’était pour les adieux de Bruce Bochy !

La seconde, c’est une photo que je n’ai pas vu sur le moment ! Oui cela arrive aussi;) C’est la finale du challenge de France 2016, entre Sénart et Rouen, à Sénart. Match a couteau tiré comme à l’accoutumé entre ces deux équipes. Ernesto Martinez, catcher lors de cette finale, récupère une pop-fly derrière le marbre, qui élimine le frappeur de Rouen. Il embrasse la balle dans son gant ! Pour moi cela représente le baseball cubain par excellence, cet amour pour cette balle a couture !

La troisième est plus figurative. Je suis fan des Giants de San Francisco depuis plus de 30 ans. Cette photo de Brandon Crawford est pour moi une forme d’icone du baseball MLB, flashy, avec le joueur intégrant la publicité du stade.

La quatrième est la plus artistique(ment triste). Nous sommes à la fin du match entre la France et l’Espagne lors des championnats d’Europe 2016. La France perd 10-8 contre l’Espagne après 10 manches ! L’équipe de France est défaite, dans tous les sens du terme et il est difficile pour moi de «voler» les photos de la peine des joueuses. Je déclenche juste une fois sur Marion Magnée, première base de l’équipe de France. Elle résume à elle seule le moment et l’esprit de cette défaite qui signifie que la France ne se qualifiera pas pour une place dans le top 8 européen.

La cinquième et dernière est une image forte de réaction après une frappe, qui prouve que parfois rester sur un joueur après sa frappe est gagnant en terme d’émotion ! Nous sommes au tour qualificatif de la World Baseball Classic en 2016. Espagne – France, à Panama City. Après plusieurs coups sûrs, Douglas Rodriguez frappe un simple et explose de joie. Il permettra à l’équipe de France de marquer son 5ème point et de battre l’Espagne pour la seule victoire française à ce jour en tour qualificatif de la World Baseball Classic.

Du côté de la MLB, connais-tu certains joueurs ou entraîneurs ? Dans la positive, cela peut-il faciliter ton travail de photographe, la réalisation de certaines photos ?

Alors, coupons court à un mythe : les règles sont les mêmes pour tous les photographes, à l’exception du ou des photographes de l’équipe locale. Pas de passe-droit en MLB.

Coté joueur, c’est très compliqué. Il est spécifiquement demandé au photographe de se mettre à l’écart. Maintenant, d’eux-mêmes, ils t’approchent et tu peux discuter avec eux. Certains sont très décontractés, d’autres plus dans la concentration d’avant match.

Par contre, j’ai tissé de forts liens d’amitié avec
Ron Wotus, tour à tour «coach of the year» en MLB California League, Bench coach puis Coach de 3eme Base chez les Giants de San Francisco. Il est en MLB depuis plus de 20 ans ! Au fil des avants matches, nous avons beaucoup échangé sur la France, le vin, le baseball européen, etc. Nous avons gardé contact et sommes devenu amis. C’est une personne extraordinaire, un vrai génie du baseball !


"Douglas Rodriguez frappe un simple et explose de joie !"

Les fans de baseball te connaissent évidemment en tant que photographe sportif. En parcourant ton portfolio, on découvre que tu possèdes d'autres cordes à ton arc comme la photographie animalière ou encore urbaine. Peux-tu nous en dire plus ?

AH AH AH ! Oui, il n’y a pas que la photo de sport dans la vie, n’est-ce pas ? La photo animalière a beaucoup de points communs avec la photo de sport : le matériel, la rapidité du sujet, etc. Je dois dire que photographier des aigles en Alaska est peut-être le sujet le plus difficile que j’ai eu a immortaliser. Mais quel bonheur ! Une expérience inoubliable.

Quant à la photo urbaine, c’est un peu par cela que j’ai commencé. Mais je ne suis pas trop photographie de rue, simplement par ce que je n’aime pas la présence d’individus dans mes prises de vues. Je me suis rendu compte que j’appréciais les photos urbaines aseptisées, sans âmes qui vivent !

Baseball France conclut toujours ses entretiens par un espace de libre expression : Glenn, tu as la parole.

Un grand merci pour cet entretien : pas facile de passer sur «le grill». Je vous remercie de mettre en avant cet autre côté du sport, celui qui tend a immortaliser nos événements.

Merci à Glenn Gervot pour sa disponibilité dans la réalisation d'un sujet qu'il nous tenait à coeur de réaliser depuis la naissance même de Baseball France, mais également son aide régulière qui nous a permis d'illustrer certains entretiens.

samedi 18 avril 2020

Les entretiens de Baseball France : Ariel Soriano

 


COVID19 oblige, la plupart des championnats de baseball sont reportés (à l'exception de la Korean Baseball Organization). Au milieu de cette inactivité forcée, rien moins qu'un ancien MVP (2018) et champion D1 2019 pour répondre à nos questions : il s'agit d'Ariel Soriano.

Ariel, voici un mois devait se dérouler le World Baseball Qualifier 2020. Pour toi et pour l'équipe, on suppose que l'incertitude puis l'annulation n'ont pas été des moments faciles.

C'était très difficile compte tenu du temps et des efforts produits pour être à notre top physiquement et mentalement.


Au fait, ça fait quoi d'être coaché par un triple vainqueur des World Series (2010, 2012 et 2014) et futur “Hall of Famer” ?


C'est vraiment l'une des meilleures expériences de ma carrière, une de celles que je n'oublierai jamais. Bruce Bochy est vraiment quelqu'un de très intelligent sur et en dehors du terrain.



L'aspect physique de la préparation avait été certainement vu en amont. On peut alors imaginer que le staff s'est plutôt concentré sur la tactique avec un effectif qui, sans être dépourvu de “gros bras” - n'est-ce pas Ariel - est plutôt orienté small-ball. Vrai ou faux ?


C'est vrai mais l'équipe s'est préparée de façon incroyable et nous sommes allés au bout de nous-mêmes pour nous renforcer sur nos faiblesses.


Deux matchs de préparation ont eu lieu face à des joueurs de Minor League des San Francisco Giants (victoire 3-2 et défaite 0-5). Logan Webb était sur le monticule pour la seconde rencontre et devrait prochainement avoir sa chance en MLB. On a également pu noter que plusieurs de vos adversaires évoluent habituellement en AAA. A l'issue de ces rencontres, quel est ton ressenti sur le niveau de l'Equipe de France et ses chances d'accrocher une qualification pour la World Baseball Classic 2021 ?

A la fin de la journée, j'étais super heureux parce que jouer contre des joueurs des Giants de niveau AAA et prouver que nous pouvions rivaliser avec eux, c'est le signe certain que l'équipe est prête à se qualifier, que nous avons une bonne défense, de bons batteurs et de bons lanceurs, mais surtout que nous pouvons compter sur l'expérience de Monsieur Bochy.



Bruce Bochy et son staff US ne connaissaient pas la plupart des joueurs de l'effectif avant le stage de Tucson. La compétition étant repoussée, en a-t-il profité pour vous donner des axes de travail personnalisés ?


Nous nous sommes entraînés avant d'arriver à Tucson et Monsieur Bochy a reçu des rapports sur chacun de nous. Mais lorsque nous sommes arrivés en Arizona, il a pu tout observer plus clairement. Nous avons alors eu un meilleur entrainement et avons bénéficié de toute son expérience.


La préparation avant un tournoi majeur, c'est certainement beaucoup de travail... mais peut-être aussi quelques anecdotes, Ariel ?


Cela demande énormément d'entrainement et d'effort. Mais surtout prendre du plaisir dans le jeu est la clé pour être capable d'utiliser tout ce que vous avez appris sur le terrain. Par exemple lorsque je jouais pour les Tampa Bay Rays, j'ai appris que je devais arrêter de m'inquiéter de ce qui pouvait arriver demain et jouer dans le moment présent en donnant tout. Cela aura un effet positif. Jour après jour... Un lancé à la fois.

Traditionnellement, Baseball France conclut ses entretiens par un espace de libre expression. Ariel, tu as la parole !

Merci pour l'interview : j'espère renouveler ça à une autre occasion. Nous sommes toujours positif après notre passage à Tucson et reviendrons avec plus de détermination et de force que jamais. Nous allons représenter aux mieux le pays en donnant le meilleur de chacun de nous.

Merci à Ariel Soriano, Scott Stevenson et Yohann Accary de US Sports Fans Cards pour leur disponibilité. Au-delà cette formule de politesse, Baseball France ne pourrait exister sans l'implication et la bienveillance des clubs, des joueurs et des photographes : qu'ils en soient remerciés.

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Baseball France interviews: Ariel Soriano


Due to COVID19, most baseball championships are postponed (with the exception of the Korean Baseball Organization). During this inactivity imposed on us, nothing less than a former MVP (2018) and D1 2019 champion to answer our questions: I name Ariel Soriano.

Ariel, the World Baseball Qualifier 2020 was scheduled a month ago. For you and for the team, we assume that the state of uncertainty and then the cancellation were not easy moments to go through.

It was very difficult, since we invested time, efforts and established in the best physical and mental conditions.

By the way, what does it feel like to be coached by a man three-time a World Series winner (2010, 2012 and 2014) and future Hall of Famer ?

It truly is one of the best experiences in my career, one of those I will nerver forget. Bruce Bochy is a very smart character on the field of play and off it.

The physical aspect of the preparation had certainly taken care of beforehand. One can then imagine that the staff focused mainly on tactics with the squad which is rather oriented small-ball although it's not devoid of “big guns” , isn't it Ariel. Is that true or false?

It is true, the team prepared in an incredible way, we went big to strengthen ourselves in our weaknesses.

Two pre competition games were played against Minor League players of the San Francisco Giants (win 3-2 and loss 0-5). Logan Webb was on the mound for the second game and he should soon have his chance in MLB. It has also been noted that many of your opponents usually play in AAA. At the end of those matches, how do you feel about the level of the French team and its chances of qualifying for the 2021 World Baseball Classic?

At the end of the day, I was very happy, because playing with high-level players like the Giants' AAA and showing that you can compete against them, is a good sign that we are ready to qualify, we have good defense, good batting and good pitchers. but especially the experience of Mr Bochy.

Bruce Bochy and his U.S. staff didn't know most of the players on the roster before the Tucson training camp. With the competition postponed, did he take the opportunity to give personnal advice to each player ?

Before arriving at Tucson we had training, Mr Bochy had received reports from each of the players, but when we arrived in Arizona he could see everything more clearly, and we received better training, and we took advantage of Bochy's experience.

Preparing for a major tournament certainly means a lot of work and is probably at the origin of several anecdots. Ariel?

It takes a lot of training and effort. But above all, enjoying the game, that is the key to being able to use everything you learned on the field, for example when I played with Tampa Bay Rays, I learned that I had to stop worrying about what might happen tomorrow and play at the moment and everything. It will come out well. Day by day ... one launch at a time.

Traditionally, Baseball France concludes its interviews by giving the interviewee the opportunity to express himself freely. Here you go Ariel !

Thanks for the interview, I hope it is repeated on another occasion, we are still positive about this passing city, and will return with more faith and strength than ever. We will make this nation great, giving the best of each one of us.

Thanks to Ariel Soriano, Scott Stevenson and Yohann Accary from US Sports Fans Cards for their availability. Beyond this politeness formula, Baseball France could not exist without the involvement and benevolence of clubs, players and photographers: let them be thanked.